L’Intelligence Collective en politique

Férial Furon, une amie, en plein lancement du mouvement FARR (Français-Algériens Républicains Rassemblés), me demande de définir en quoi l’Intelligence Collective est un outil de développement de l’humanisme en politique. Je la remercie pour cette question.

La politique est le fait de représenter des citoyens afin de faire valoir leurs intérêts. La question est… « pour » ou « contre »?

Lorsque cette représentation est défensive, protectrice – alors on entretient les peurs, on tire profit de la position victimisée vis-à-vis des « autres » (la gauche contre la droite, les racistes contre les immigrés…et vice versa). Lorsque cette représentation vise une ouverture, la recherche de solutions communes entre tous on peut parler de politique Intelligente pour le Collectif.

Les politiques « d’Intelligence Collective » encouragent et soutiennent l’affirmation de leurs « membres » afin de leur donner les moyens de dialoguer : parler vrai, être fiers de leurs talents tout en étant conscients de ne pas être supermen ou wonderwomen pour autant, ce qui est aussi la base de collaborations efficaces.

On ne collabore pas à partir de ses limites ou manques, ni en relevant exclusivement les limites réelles ou fantasmées des autres. On collabore à partir des capacités et de la valorisation de celles-ci. C’est pourquoi un des moyens de dépasser les peurs en politique, comme en entreprise, est de définir ses talents (les siens et ceux des autres, complémentaires). Une fois la confiance en soi établie, on rend évident le fait qu’être différents est aussi une réalité  – pas seulement des « failles » exploitables pour juger ou critiquer. La confiance en soi est la base du changement de paradygme, permettant de passer de la recherche protectrice des « défauts » de l’autre à la considération des potentiels complémentaires. C’est en cela que l’on peut parler d’encouragement comme mode de développement de l’Intelligence Collective.

Etre, et pouvoir être, simplement et librement soi, ensembles, me semble être une bonne définition de l’humanisme.

Le but de la politique humaniste est la considération de (la dignité de) chacun, son droit à être comme il est. L’intelligence Collective permet dans ce sens d’ouvrir le dialogue et de considérer l’ensemble de la situation et des personnes dans leur réalité.  Se limiter aux différences comme une impossibilité de collaboration est une logique de pouvoir sur et de protection contre. C’est une politique frileuse, qui manque d’intelligence, de lucidité. Cela ne correspond pas à la réalité mais à ce que certains voudraient qu’elle soit, par peur d’ouvrir les yeux sur une complexité plurielle.

Le rôle de Politique de l’Intelligence Collective est donc à la fois d’encourager et d’initier le dialogue : connaître « les siens » et comprendre « les autres » afin que ce distinguo s’atténue dans son aspect discriminant et que la conscience des intérêts communs croisse. Cette posture implique d’être force de proposition en tant que représentant de certains vis-à-vis des autres plutôt que force d’opposition.

La politique actuelle est majoritairement dans la logique binaire d’opposition. Elle développe les peurs, fondée sur le concept de diviser pour mieux régner. Ses représentants utilisent des instruments de bêtise collective comme la critique systématique et les jugements simplificateurs. L’opposition est brandie comme fondement du pouvoir. Cette situation est liée aux peurs des politiques eux même.

Etre politique de l’Intelligence Collective demande donc du courage. Celui d’informer, de dialoguer, de rechercher les bases réelles, complexes, des problèmes et leurs solutions profondes.

Pour représenter la volonté d’ouverture de citoyens, il faut donc être exemplaire sur (représentant de) cette intention d’ouverture. Cela ne veut pas dire parfait, mais faire de son mieux à chaque instant. Pour cela, le point de départ est de définir précisément en quoi tel mouvement apportera du mieux vivre ensemble et quels sont les problèmes précis à considérer.

Efficacité + Convivialité =  Intelligence Collective. Ca donne ça…

Mon amie, Férial Furon, a choisi de mieux faire connaître et valoriser les citoyens qu’elle représente afin, à la fois, de leur donner les moyens d’être fiers de qui ils sont et de dialoguer sur les sujets qui les concernent avec des personnes qui jusque là les connaissaient mal . Cette démarche de donner sa juste place à chacun dans notre pays est humaniste à deux égards : les personnes représentées auront ainsi le moyen d’être considérées et elles pourront montrer à ceux qui jusque là leur refusaient le dialogue que leur peur est infondée. Ensemble ils peuvent mieux gérer les difficultés que les uns contre les autres.

L’intelligence Collective revient donc à définir avec lucidité (bien au delà des a priori de chacun) les objectifs communs et analyser les problèmes dans leur réalité vécue, à les comprendre pour les dépasser. L’Intelligence Collective n’est pas l’illusion utopiste que tout est possible tout de suite et que tout le monde peut s’entendre. C’est l’intention mise en action d’ouvrir au maximum cette entente, avec fermeté et ambition. Cela permet de considérer la complexité de la réalité, de la diversité humaine, et donc de trouver des solutions pertinentes pour bien vivre ensemble.

Dignity

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s